Par Guilhem Vern — 28 août 2026

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Cela fait quelques jours que les températures sont enfin redevenues supportables. Quelques jours seulement que nous avons cessé de compter les alertes canicule, de fermer les volets dès le matin, de chercher l'ombre, un ventilateur ou un climatiseur comme un refuge, et de traverser des nuits trop chaudes pour trouver le sommeil.

Cela fait quelques jours que nous sommes sortis d'un confinement climatique.

L'expression est volontairement forte. Certains la trouveront excessive. Pourtant, chacun sait ce qu'elle décrit. Lorsque la chaleur devient dangereuse, nos comportements changent. Nous limitons nos déplacements. Nous renonçons à certaines activités. Nous modifions nos horaires. Nous adaptons notre quotidien à une contrainte imposée par notre environnement.

Cet été, dans le sud de la France mais aussi dans l'ensemble de notre pays, nous avons vécu sous cette contrainte pendant des mois.

Et il faut regarder cette réalité en face : ce que nous avons vécu n'est pas une anomalie passagère.

Les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sont sans ambiguïté. Le réchauffement climatique provoque déjà une augmentation de la fréquence, de la durée et de l'intensité des vagues de chaleur. Chaque fraction de degré supplémentaire augmente la probabilité d'événements extrêmes.

La formule souvent attribuée aux climatologues est devenue célèbre : « Nous vivons probablement l'un des étés les plus frais du reste de notre vie. »

Cette phrase n'est pas un slogan. C'est un avertissement.

La chaleur extrême est parfois présentée comme un simple désagrément. Elle est en réalité un enjeu majeur de santé publique. Les études scientifiques montrent qu'elle accroît les risques cardiovasculaires et respiratoires, perturbe le sommeil, réduit les capacités physiques et cognitives et touche particulièrement les personnes âgées, les enfants, les travailleurs exposés et les personnes vivant dans des logements mal adaptés.

Même lorsque la canicule prend fin, ses effets persistent. La fatigue accumulée, les troubles du sommeil et le stress physiologique ne disparaissent pas en quelques heures. Nos organismes auront besoin de temps pour récupérer, alors même que s'ouvre la rentrée scolaire, universitaire et professionnelle.

Notre agriculture est également en première ligne. Les sécheresses répétées, le manque d'eau et les températures extrêmes fragilisent les productions, les revenus agricoles et, à terme, notre souveraineté alimentaire. Accompagner la transformation de notre modèle agricole n'est plus une option : c'est une nécessité.

Face à cette situation, le fatalisme serait une erreur.

Car nous savons déjà ce qui nous attend. Et nous savons déjà ce qu'il faut faire.

Nous devons adapter nos territoires : multiplier les espaces verts, planter des arbres, créer des îlots et des refuges de fraîcheur, repenser l'urbanisme, protéger les travailleurs exposés et mieux accompagner les publics les plus vulnérables.

Nous devons également agir sur les causes : accélérer la sortie des énergies fossiles, investir dans les mobilités décarbonées, renforcer l'efficacité énergétique et soutenir les solutions permettant de réduire nos émissions.

Cette action doit mobiliser tous les échelons : les communes, les départements, les régions, l'État et l'Union européenne.

Elle dépend aussi de nos choix démocratiques.